Mark Lanegan au Montreux Jazz Lab

mercredi 17 juillet 2013

"L’une des tessitures les plus sublimes du paysage rock sera ce soir à Montreux. Granit, caillasse. Devenue ronde d’avoir roulé dans la boue, les drogues dures, et tous les caniveaux de l’Amérique. Brûlée par l’alcool, lourde des sédiments d’une vie employée à la dérive. Sépulcrale, féline, chaude comme l’antichambre des enfers. C’est la voix de Mark Lanegan." (LeTemps)

 

Moi qui l'écoute en boucle depuis des mois, il fallait que j'aille voir le bonhomme sur scène ! ...

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Le public, pour cette première partie, était plutôt clairsemé, et, dans cette nouvelle salle très fraîche, Mark Lanegan déboule sans crier gare avec son "Band" et démarre le set avec la première chanson de son dernier et magnifique album solo " Blues Funeral", dont il jouera la quasi-intégralité. Je précise solo, car le bonhomme n'arrête pas les collaborations : après les Queens of the Stone Age, Isobel Cambpell, Greg Dulli, Duke Garwood, Moby, etc … et fait aussi de nombreux albums de reprises (à paraître bientôt "Imitations"). Des bouées de sauvetage ? Bien possible.

Accompagné d'un excellent guitariste, avec une tête à la "Johnny Cash", un batteur avec une frappe solide mais qui ne manque pas de subtilité, un bassiste et un clavier-guitariste tous deux assez discrets, Lanegan s'accroche à son micro afin de distiller son rock-blues venus du fond des âges (de pierre ?).
Mais à peine avions-nous intégré son univers sombre dominé par sa splendide voix grave que le concert s'est arrêté, et qu'ils sont partis comme ils sont venus, sans un mot – pas très causant le bonhomme -, les lumières allumées, les roadies déjà à l'œuvre … un peu frustrant tout de même, pas un rappel et un concert d'à peine 55 minutes, c'est un peu léger pour un festival de cette envergure !

Pour se faire une idée ...

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Du coup, nous sommes restés pour la suite, même si je ne connaissais le groupe que de nom, mais apparemment la majorité des gens étaient là pour eux : The Hives, écrit en grosse lettres lumineuses en fond de scène.
Autant l'atmosphère précédente étaient intimiste et sombre, autant là on ne fait pas dans la dentelle : rock garage, quasi punk, avec un chanteur complètement déjanté, qui va parler un franco-anglais tout du long, pour expliquer finalement qu'à "un certain point du concert, je ne sais plus vraiment ce que je dis !". Il fait tournoyer son micro dans les airs, envoie des baisers à la foule, se déhanche à la manière d'un Mick Jagger, descend dans le public, se fait porter ...
Musicalement très lassant, l'énergie du groupe suédois, leur excentricité, leur humour et leur mégalo-charismatique chanteur ("et maintenant je vais vous parler de ce que je préfère : moi !"), font passer la pilule. Et le public hystérique s'est déchainé en pogotant, criant, chantant, hurlant, participant à toutes les demandes du leader.
Rigolo !

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