Bernard Lavilliers à Montreux

jeudi 5 février 2015

Concert assis, ce n'est pas ce qu'il y a de mieux pour apprécier et capter l'ambiance d'un concert, mais bon, sortant d'une bonne petite grippe, ça me convenait passablement …

Lavilliers, ça faisait un bail que je ne l'avais pas vu en concert (1989 quand même …), alors après un splendide album comme son dernier "Baron samedi", c'était l'occasion de renouer avec le baroudeur qui, je m'en suis rendu compte ce soir-là, m'aura accompagné toute ma vie pour mon grand plaisir, à l'instar d'un Bashung, d'un Couture ou d'un Thiéfaine.

Le set débute justement avec Scorpion le 1er morceau de l'album (très belle adaptation du Turc Nazim Hikmet), et Bernard Lavilliers arrive sous une ovation, élégant, charmeur, tout de noir vêtu, avec de belles chaussure rouges, cheveux courts et grisonnants, la voix chaude, grave et puissante comme jamais, moins rouleur de mécaniques qu'auparavant, ce qui en énervait plus d'un, mais toujours fier et battant.

Entouré de multi-instrumentistes efficaces, un batteur-guitariste, un bassiste-saxophoniste, un clavier-batteur-accordéoniste, un guitariste-trompettiste – je n'ai malheureusement pas les noms - il reste fidèle à lui-même et à ses combats de citoyen du monde, il aime les causes perdues et les musiques tropicales, mais toujours mâtinées de rythmes et de rock puissants. On apprécie une fois encore la richesse de ses musiques et la poésie de ses paroles, faisant fi de toutes les critiques égrenées sur sa vie le long des années, on continue à l'écouter nous raconter ses voyages, les ambiances portuaires, moites, sombres & inquiétantes comme la lame ou chaudes & douces comme les cuisses des filles, et peu importe qu'il les ait faits dans sa tête ou ailleurs …

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A l'image de son tout dernier opus acoustique, il va nous passer en revue sa longue carrière, 47 ans déjà, en interprétant Noir et Blanc, Saint-Étienne, Les Aventures extraordinaires d'un billet de banque (avec une petite tacle à Sarkozy au passage), La Grande Marée, Idées noires, Betty (seul à la guitare, magnifique) ou Les mains d’or où tout le monde se lève enfin pour l'accompagner, et avec en dernier rappel pour nous (à cause du dernier f… train) On the road again qui nous accompagnera jusqu'à notre lit …

Bernard est là, présent, debout, et il nous fait encore frissonner, merci l'artiste !

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